
L'essentiel à retenir
La fonction trésorerie vit une transformation silencieuse, mais profonde. Silencieuse, parce qu'elle se joue loin des grands discours de transformation digitale. Profonde, parce qu'elle redessine en profondeur le rôle du trésorier au sein de l'entreprise : ses responsabilités, ses outils, ses compétences, et surtout, sa place dans les décisions stratégiques.
Le Baromètre 2026 – La transformation digitale de la fonction trésorerie, réalisé conjointement par Future of Treasury et Diapason, offre une photographie inédite de cette mutation. Avec des répondants issus de toutes tailles d'entreprise et de tous secteurs, il confirme ce que nous observons chaque jour sur le terrain : la trésorerie ne peut plus se permettre d'être réactive. Elle doit devenir proactive, stratégique, et résolument tournée vers la valeur.
Voici ce que nous en retenons et ce que cela signifie concrètement pour les organisations qui veulent garder une longueur d'avance.
1. La trésorerie n'est plus un centre de coût. Les chiffres le confirment.
Longtemps cantonnée à la gestion des flux, à la conformité et à l'administration des paiements, la trésorerie a souffert d'une image réductrice. Un centre de coût nécessaire, mais peu valorisé. Un rôle d'exécution, rarement de décision.
Les données du baromètre racontent une tout autre histoire.
87 % des trésoriers interrogés se définissent aujourd'hui comme partenaire stratégique (77 %) ou comme véritable centre de création de valeur (10 %) pour leur organisation. Seuls 13 % se perçoivent encore comme un centre de coût opérationnel et de conformité.
Ce chiffre est une rupture. Il traduit un changement de paradigme qui s'est accéléré ces trois dernières années, sous l'effet conjugué des crises de liquidité, de la volatilité des marchés et de la pression croissante des directions générales pour une meilleure visibilité financière.
La question n'est donc plus de savoir si la trésorerie doit monter en puissance dans l'organisation. La question est : comment accompagner cette montée en puissance de façon structurée et durable ?
2. Cash forecasting, cybersécurité, IA : les trois batailles prioritaires de la trésorerie en 2026
Le cash forecasting : la priorité absolue
69 % des répondants citent l'amélioration de la visibilité et de la prévision des flux comme leur premier chantier pour 2026. Ce n'est pas une surprise mais l'ampleur du chiffre mérite qu'on s'y arrête.
Le cash forecasting est devenu l'épicentre de la performance trésorerie. Dans un contexte économique instable, savoir où sera sa trésorerie dans 30, 60 ou 90 jours n'est plus un luxe : c'est une condition de survie opérationnelle. Pourtant, 16 % des entreprises s'appuient encore majoritairement sur Excel pour gérer leur trésorerie. Ce chiffre illustre l'écart qui persiste entre l'ambition stratégique de la fonction et ses moyens réels.
Moderniser le système d'information arrive en deuxième priorité (54 %), ce qui confirme que la bataille du cash forecasting est avant tout une bataille d'infrastructure et de donnée.
La cybersécurité : le risque numéro un et de loin
71 % des trésoriers placent la fraude, les cyberattaques et la sécurité des paiements comme leur principale préoccupation pour les deux ans à venir. Loin devant les risques de marché (taux, change, matières premières) et les risques réglementaires.
Ce résultat est révélateur d'une réalité souvent sous-estimée : la trésorerie est une cible de choix pour les attaquants. Les flux financiers sont des actifs critiques. Et les équipes trésorerie, souvent de taille réduite, n'ont pas toujours les moyens de faire face seules à des menaces sophistiquées.
Sécuriser les paiements arrive d'ailleurs en troisième priorité opérationnelle pour 2026 (51 %), confirmant que la sécurité n'est plus seulement l'affaire de la DSI, elle est devenue un enjeu de trésorerie à part entière.
L'IA en trésorerie : adoption réelle, mais encore sélective
38 % des entreprises déclarent ne pas avoir encore mis en place de cas d'usage IA dans le cadre de la fonction trésorerie. Ce chiffre peut surprendre à l'heure où l'IA générative s'invite dans tous les débats. Il montre surtout que l'adoption de l'IA en trésorerie est plus lente et plus sélective qu'ailleurs.
Parmi les entreprises qui ont franchi le pas, cinq cas d'usage concentrent l'essentiel des initiatives :
- L'analyse de contrats et de documents (IA générative)
- Les agents conversationnels pour la production de reporting
- La détection de fraudes et d'anomalies
- Les prévisions de trésorerie (cash forecasting)
- L'analyse de risques financiers (change, taux)
Ce qui est frappant, c'est que les cas d'usage les plus adoptés sont aussi les plus directement liés à la création de valeur : améliorer la qualité des décisions, détecter les risques plus vite, produire des insights plus rapidement. L'IA en trésorerie n'est pas un gadget technologique, c'est un levier de performance opérationnelle.
3. Quel profil pour le trésorier de demain ? La data avant tout.
Si la transformation est déjà en marche, elle redéfinit aussi profondément le profil du trésorier de demain. Et les réponses du baromètre sont éloquentes.
56 % des répondants citent la maîtrise des outils d'IA et d'analyse de données comme la compétence clé du trésorier de demain. Devant le leadership et le management d'équipes dans un contexte de transformation, l'expertise en gestion des risques et la capacité à influencer la stratégie d'entreprise.
Ce classement dit quelque chose d'important : le trésorier de demain sera à la fois un expert métier et un utilisateur avancé de la donnée. Il ne sera pas Data scientist, mais il devra parler le langage de la data. Il ne sera pas DSI, mais il devra comprendre les enjeux d'architecture et d'intégration. Il ne sera pas DAF, mais il devra être capable de défendre une vision stratégique en comité de direction.
C'est une transformation de posture autant que de compétences.
4. Ce que tout cela exige des organisations : une approche structurée de la valeur
Les données du baromètre convergent vers une conclusion claire : la transformation de la trésorerie ne peut pas se faire dans la précipitation, ni dans l'improvisation. Elle nécessite une approche structurée, qui articule vision stratégique, infrastructure technologique et montée en compétences.
C'est précisément pour cela que nous avons construit l'approche Treasury Value Management (TVM) chez Diapason. Une conviction simple, mais fondamentale : la trésorerie ne doit pas être gérée comme un centre de coûts, mais pilotée comme un véritable moteur de création de valeur.
Les 42 % d'entreprises qui citent le manque d'intégration entre les systèmes (ERP, banques, TMS) comme principal frein à leur performance, confirment qu'il ne suffit pas d'avoir un bon outil. Il faut une plateforme pensée pour connecter, centraliser et faire parler les données entre elles.
Conclusion : 2026 sera l'année de la trésorerie stratégique, ou elle ne le sera pas
Les données du Baromètre 2026 « La Transformation Digitale de la Fonction Trésorerie » dressent un portrait contrasté mais porteur d'espoir : une fonction qui a clairement pris conscience de son potentiel stratégique, mais qui doit encore lever des freins structurels (intégration des systèmes, maturité IA, cybersécurité) pour tenir ses promesses.
Les organisations qui réussiront cette transition seront celles qui auront su traiter la trésorerie non pas comme un poste de dépense à optimiser, mais comme un actif stratégique à valoriser.
Méthodologie : Le Baromètre 2026 — La Transformation Digitale de la Fonction Trésorerie a été réalisé conjointement par Future of Treasury et Diapason. Les répondants sont des professionnels de la trésorerie issus d'entreprises de toutes tailles, représentant une large diversité sectorielle : industrie, services, biens de consommation, distribution, finance, BTP, et autres

