Votre entreprise vend à l’export, achète en dollars ou facture en livres sterling. Le cours tourne. Personne ne s’en aperçoit vraiment. Et à la clôture de l’exercice, la marge est là, mais elle aurait pu être meilleure. Beaucoup meilleure.
Le risque de change est l’un des rares risques financiers qui peut éroder silencieusement vos résultats sans qu’aucune alerte ne se déclenche. Pas de facture impayée, pas de bug système : juste une exposition mal cartographiée, une couverture trop tardive, ou une décision prise à l’instinct.
Dans l’épisode #31 du ForeCast Podcast, le podcast des professionnels de la trésorerie, Olivier Lechevalier, co-fondateur de DeftHedge (intégré au groupe Diapason depuis janvier 2026), donne des réponses concrètes pour changer de posture. Méthode, biais comportementaux, rôle de l’IA : voici ce qu’il faut retenir.
1. ETI vs grands groupes : pourquoi la comparaison ne tient pas
Des équipes généralistes face à des enjeux spécialisés
Dans un grand groupe, la direction financière dispose d’une équipe trésorerie dédiée, parfois d’un département risques entier. Dans une ETI, le directeur financier ou le trésorier gère simultanément la relation bancaire, la politique de couverture de change, la gestion de la dette et les prévisions de trésorerie, le tout en étant soumis aux urgences opérationnelles du quotidien.
« Dans une ETI, les équipes financières ont peu de ressources. Ce n’est pas un manque de compétences, c’est structurel. » – Olivier Lechevalier
C’est pourquoi les solutions pensées pour les directeurs financiers et les trésoriers doivent être pragmatiques, rapides à déployer et immédiatement opérationnelles.
Une exposition qui grandit avec l’entreprise
L’internationalisation des entreprises françaises s’est accélérée : acquisitions à l’étranger, contrats en dollars ou en livres sterling, fournisseurs asiatiques. Plus l’entreprise grandit, plus son exposition aux devises s’amplifie, souvent sans que les processus de couverture évoluent au même rythme. Cette asymétrie entre croissance opérationnelle et maturité financière est au cœur du problème.
2. La méthode avant tout : cartographier pour mieux couvrir
Si l’épisode ne devait retenir qu’un seul message, ce serait celui-ci : la méthode représente 80 % du travail. Avant de décider quel instrument de couverture utiliser (forward de change, option, couverture naturelle), encore faut-il savoir précisément ce que l’on cherche à couvrir et sur quel horizon.
Le mapping d’exposition : l’étape fondatrice
Cartographier son exposition au risque de change, c’est identifier :
- Quelles devises génèrent un risque réel
- Sur quels horizons de couverture ce risque se matérialise
- Quel est le seuil de tolérance de l’entreprise face aux variations de cours
« Le mapping, ça ne passionne personne. Mais sans lui, vous ne savez pas ce que vous couvrez, ni pourquoi. » – Olivier Lechevalier
Cette cartographie est le socle de toute gestion des risques financiers sérieuse. Sans elle, les décisions de couverture deviennent des paris plus que des stratégies.
Trois types d’exposition à distinguer
- L’exposition transactionnelle : les flux commerciaux engagés (factures, commandes confirmées)
- L’exposition bilantielle : les actifs et passifs libellés en devises étrangères
- L’exposition économique : l’impact structural des variations de change sur la compétitivité de l’entreprise
Chacune appelle une approche différente. Les confondre, c’est risquer de sur-couvrir certains postes tout en laissant d’autres totalement exposés.
3. Les trois erreurs qui coûtent le plus cher
Dans la pratique, trois erreurs se répètent d’une entreprise à l’autre, quelle que soit leur taille
Erreur n°1 : attendre d’avoir le temps
Le plus répandu. Le trésorier ou DAF est surchargé ; le risque de change passe toujours après les urgences. Résultat : la couverture est soit absente, soit réactive (on se couvre quand le cours est déjà défavorable, c’est-à-dire trop tard).
La solution passe par des processus automatisés et des outils intégrés qui réduisent la charge opérationnelle. C’est précisément l’objectif d’une plateforme comme myDiapason, qui digitalise les flux financiers pour libérer du temps à valeur ajoutée.
Erreur n°2 : croire qu’on va battre le marché
Plus discret mais plus dangereux. Ce profil reporte la couverture en espérant un meilleur taux, prend parfois des positions directionnelles sans le formuler ainsi. Le problème est simple : le marché des changes est l’un des plus efficients et liquides au monde. La prise de risque spéculative, même inconsciente, n’est pas une stratégie de couverture.
« Certains trésoriers prennent des positions spéculatives sans s’en rendre compte, convaincus qu’ils vont battre le marché. C’est un biais cognitif, pas une stratégie. » – Olivier Lechevalier
Erreur n°3 : déléguer entièrement à sa banque
Confier sa stratégie de couverture à sa banque principale, c’est s’exposer à un conflit d’intérêts structurel. La banque vend des instruments de couverture ; son intérêt n’est pas toujours aligné avec celui de son client. Une politique de change efficace suppose que l’entreprise définisse elle-même sa stratégie, puis consulte ses banques pour l’exécution.
4. L’IA en trésorerie : outil de structuration, pas oracle décisionnel
L’intelligence artificielle s’invite dans toutes les conversations sur la trésorerie. Mais entre ce qu’elle peut réellement apporter et ce qu’on lui prête comme vertus, il y a un écart qu’il vaut mieux clarifier avant d’investir
Ce que l’IA peut vraiment apporter
L’IA est utile pour :
- Structurer et consolider la donnée, souvent éparpillée dans des exports ERP hétérogènes ou des fichiers Excel
- Détecter des anomalies dans les flux ou les positions de change
- Accélérer la production de reportings et de scénarios de sensibilité
Les fonctionnalités IA de myDiapason s’inscrivent dans cette logique : elles permettent de générer des prévisions et des analyses de scénarios en quelques clics, là où cela mobilisait auparavant plusieurs heures de traitement manuel.
Ce que l’IA ne remplacera pas
La décision de couverture reste humaine. Elle implique une compréhension fine du contexte opérationnel, des marges par produit, de la capacité à répercuter les variations de cours sur les prix de vente. Autant d’éléments qu’aucun algorithme ne peut appréhender à votre place.
« L’IA va vous aider à mieux voir le problème. Elle ne va pas le résoudre à votre place. La décision reste celle du trésorier. » – Olivier Lechevalier
Pour aller plus loin, le guide pratique Réussir l’IA en trésorerie détaille comment intégrer ces outils de façon concrète dans la fonction financière.
5. DeftHedge x Diapason : la logique d’un rapprochement au service des entreprises
Un marché en cours de consolidation
Les éditeurs spécialisés font face à des exigences croissantes : cybersécurité, conformité réglementaire, intégration IA, support client renforcé. Des contraintes qui nécessitent des investissements significatifs, difficiles à assumer seul pour une structure de taille modeste.
Un choix au service des directions financières
En rejoignant Diapason en janvier 2026, DeftHedge accède à une infrastructure technique solide et à une base clients établie. De son côté, Diapason enrichit son module myDiapason Risk d’une expertise pointue sur la gestion du risque de change. Le résultat est une solution de gestion de trésorerie qui couvre désormais de façon intégrée l’ensemble des risques financiers, des liquidités aux devises en passant par les taux.
Les 5 points essentiels à retenir
- La méthode avant l’outil : cartographier son exposition est le préalable indispensable à toute stratégie de couverture efficace
- Votre exposition grandit avec vous : internationalisation et risque de change évoluent souvent à des vitesses différentes ; il faut rattraper le retard
- Trois erreurs à éviter : attendre d’avoir le temps, croire pouvoir battre le marché, tout déléguer à sa banque
- L’IA structure, l’humain décide : les outils d’intelligence artificielle accélèrent l’analyse, mais la décision de couverture reste le cœur du métier
- Un outil intégré change tout : connecter gestion des liquidités, risques de change et paiements dans une seule plateforme évite les angles morts et les ressaisies chronophages
Conclusion
Perdre de la marge à cause du risque de change sans s’en rendre compte : c’est le scénario que vivent de nombreuses directions financières chaque année. La bonne nouvelle, c’est que ce risque est parfaitement gérable, à condition d’y mettre de la méthode avant d’y mettre de l’outil.
Cartographier son exposition, définir une politique claire, s’appuyer sur des solutions adaptées à ses ressources : trois étapes accessibles, quelle que soit la taille de votre équipe financière.
Vous voulez savoir où en est votre entreprise sur ce sujet ? Échangez avec un expert Diapason et faites le point en 30 minutes.
Épisode #31 du ForeCast Podcast, animé par Jean-François Galea (AKSI) avec Olivier Lechevalier, expert en gestion du risque de change et co-fondateur de la solution DeftHedge by Diapason, intégré au groupe Diapason.
A propos de l’auteur
Valérie Lafaury, Field Marketing Manager
Valérie est Field Marketing Manager chez Diapason, la solution qui simplifie la gestion de trésorerie des entreprises. Elle rédige les communiqués de presse, les articles de fond et d’actualité sur les sujets autour du métier de trésorier. Son objectif est de fournir aux trésoriers des informations utiles et pratiques pour optimiser leur gestion de trésorerie et les aider dans leur quotidien.


